Bénin : le slameur “Sêminvo ” en deuil, la page d’une belle enfance entachée

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Le slameur béninois qui a parcouru, en 2016, à travers compétitions, ateliers d’ écriture, spectacles, concerts et festivals, les scènes d’Afrique et d’Europe est abattu par un deuil. Une amie, une proche, une connaissance, une sœur? De toutes les façons, depuis trois joirs et trois nuit que il se pose des questions et notamment une :

« La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? »

 

En effet, dans une tribune libre rendue publique sur sa page Facebook très tôt ce jeudi 15 mars 2018, l’artiste regrette la mort d’un membre de sa famille qu’il a connu après avoir quitté la Côte d’Ivoire. Il s’agit selon lui d’une personne qui n’était pas de l’ordre du sang : Les Tomety. Lisez plutôt!

 

Trois jours et trois nuit que je me pose des questions et notamment une : « La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? »

Quand nous avions quitté la Côte d’Ivoire, nous ne connaissions personne évidemment. À part proche toute de suite de nos cousins dans la Maison de mon père. Seulement il y a une famille que nous avions découvert tout de suite, qui n’était pas de l’ordre du sang : Les Tomety.

Toute mon enfance cette fut avec cette famille. Surtout Jocelyn et Julio Tomety. Je passais matin et soir avec eux. Tout ce que je pouvais jouer c’est avec eux. Et il y avait aussi leur sœur aîné. La plus belle du quartier. Timide et avec une lenteur tendre à la parole. Sandrine. On l’appelle Sansan.

C’était la sœur d’un autre sang de ma sœur Léopoldine morte au CNHU, il y aura deux années bientôt en Avril. C’était ma sœur aussi. Elle était encore au recueillement de l’an un de ce décès tragique. C’était la derrière fois que je l’ai vu. Et je ne la verrai plus jamais, à part dans ma mémoire derrière les yeux fermés.
Parce que la vie la aussi trahie et lâchée à la mort. Je suis dégoûté. Je suis dévasté aussi.

Mourir jeune est devenir « c’est la vie ! » dans notre pays et c’est tout. Je me sens mal.

Trois jours et trois nuits de questions. Et aucune réponse. C’est triste.

Chère sœur, la vie est une gare, tu viens de prendre ton train. La vie t’a effacé certes, cependant tes traces demeure en chacun de nous. Tu veilleras sur ta petite famille et tes frères.

Aujourd’hui c’est ma sœur Léopoldine qui est morte encore une seconde fois. La page d’une belle enfance entachée.

Paix à ton âme Sansan

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